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Ces fleurs qui nous veulent du bien

le 18 mai 2021
jolies fleurs

La boutique est aussi atypique que la propriétaire. Mais quel bonheur cette petite herboristerie de Louviers ! Les odeurs, les conseils, la gentillesse et même l’humour… Tout y est.

 “Je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite, comme Obélix” sourit Julie Raux, aussi à l’aise dans cet univers de plantes qu’un poisson dans l’eau. Si Julie Raux n’a pas le droit au titre d’herboriste, réservé aux pharmaciens, elle est incollable sur les bienfaits des plantes. “J’avais 10 ans quand mes parents, végétariens, ont découvert cette boutique, fondée en 1910 par M. Margat. Depuis, on ne l’a plus quittée ! ” La maman de Julie travaillera dans la boutique avant de la reprendre à son compte. Et c’est tout naturellement, qu’en 2000, Julie, un diplôme de biologie végétale en poche, arrive elle aussi place de la République. Une transmission de savoirs, ininterrompue depuis 1941 !

 ” Chacun doit trouver sa plante miracle”

Julie Raux - Herboriste
herboriste

 Julie Raux ne prétend pas guérir toutes les maladies et remplacer le rôle des médecins. “Je parle d’accompagnement. Je pense que les gens qui viennent dans la boutique, recherchent des remèdes naturels. Ils en ont marre d’avaler des gélules ; ils disent souvent qu’ils ont tout essayé et cherchent autre chose…” Devant des demandes de plus en plus pointues et techniques, Julie prend le temps de bien comprendre le problème. La professionnelle pose des questions, évalue la personne dans son ensemble. L’aspect physique est pris en compte mais aussi l’aspect émotionnel “et en ce moment, on a de quoi faire” soupire Julie. Alors, seulement après, elle propose ici une tisane, là une huile essentielle, là encore un baume… “Chacun doit trouver sa plante miracle. Moi, c’est le bourgeon de romarin.”

“Avec les plantes, il n’y a pas de dépendance”

 “Le principal atout des plantes, c’est qu’il n’y a pas de dépendance”, affirme Julie Raux. Cependant qui dit plante ne dit pas forcément zéro risque. “Je conseille toujours d’en parler à son médecin. Certaines plantes peuvent interagir avec des médicaments. C’est assez fréquent, notamment avec les anti-coagulants. Les plantes régulent, régularisent un problème et vont rarement contre la nature. Il n’y a que l’homme qui va au-delà de la nature.” Et Julie Raux de rêver que les bienfaits de ses plantes soient davantage reconnus : “Je pense qu’on pourrait travailler tous ensemble avec le corps médical.” Un jour peut-être…

“Le Jardin d’Essences”

14 place de la République

27400 Louviers

Tél : 02 32 40 12 56

Ces fleurs aux mille vertus

Julie Raux a sélectionné les fleurs les plus courantes rencontrées dans nos jardins, ou sur nos talus. Attention cependant à ne pas trop les ramasser au bord des routes où elles sont devenues trop polluées. Préservez un coin médicinal dans votre jardin. Et n’oubliez-pas que dans certains cas, les fleurs peuvent aussi avoir des effets indésirables. Parlez-en à votre herboriste ou à votre médecin.

  • Le coquelicot : bien connue comme fleur des champs, prise en tisane, elle détend. Elle est conseillée pour dormir bien sûr. Elle est aussi utilisée pour les encombrements au niveau des bronches. En sirop, elle sera parfaite pour lutter contre la toux ;
  • La lavande : son action est calmante au niveau du système nerveux. Elle sera d’un grand secours pour ceux qui ont des problèmes d’endormissement et de réveils nocturnes. Ajoutée au vinaigre, elle devient un excellent antiseptique. À utiliser notamment pour les problèmes d’acné, les piqures d’insectes, les coups de soleil ;
  • Le millefeuille : cette mauvaise herbe qui pousse au bord des routes améliore la circulation du sang. Est notamment conseillée pour les problèmes féminins ;
  • Le souci : on lui attribue “mille vertus”. Utilisée en infusion, en cataplasme, en gargarisme, on a recours au souci “dès que ça chauffe et que c’est rouge”. Elle soulage la peau en cas de brûlure, la gorge en cas d’inflammation. Elle aide à la cicatrisation, stimule le foie et facilite la digestion. Il existe de nombreux baumes au calendula (nom latin du souci). Au jardin elle repousse les pucerons ;
  • L’aubépine : “mon indispensable pour beaucoup de mes mélanges. Je ne peux la remplacer par aucun autre fleur”. C’est la plante à tout faire par excellence. Les fleurs de l’aubépine sont particulièrement efficaces pour stimuler la circulation. Son infusion est un bon remède contre les troubles cardiovasculaires, une tension trop élevée ou des problèmes de sommeil ;
  • La camomille : elle est recommandée pour les problèmes de digestion mais aussi de migraines ;
  • Le tilleul : séchées comme toutes les plantes dans un endroit sec et ventilé et si possible dans le noir, les fleursde tilleul vous aideront à combattre les insomnies, le stress et l’angoisse.
  • Les fleurs d’oranger : agissent sur le système nerveux. Dans un mélange du soir, on mettra des fleurs d’oranger (pétales, feuilles et fleurs), de la lavande, des coquelicots et de la passiflore ;
  • Les fleurs de sureau : elles vous aideront à lutter contre les infections (infections urinaires, infection des bronches) ; mais aussi contre la rétention d’eau et pour lutter contre la fièvre. “C’est aussi excellent en beignets ou en confiture ! “.

Connaissez-vous “le vinaigre des 4 voleurs” ?

C’est un mélange de plantes antiseptiques. Autrefois, les voleurs s’en badigeonnaient le corps avant d’aller détrousser les cadavres pendant les épidémies de peste.

 

Le jardin d’Essences : une histoire de famille

“J’avais 10 ans quand mes parents végétariens, ont découvert cette boutique. À l’époque, c’était l’un des seuls endroits où l’on pouvait trouver des produits bio. La boutique était tenue Monsieur Emo, alors président de l’ARH, Association pour le Renouveau de l’Herboristerie. Monsieur Margat, herboriste diplômé d’état, avait fondé l’herboristerie en 1910. Il s’était installé en 1941, place de La République. À l’époque, il faisait lui-même la cueillette des plantes. Il a transmis son savoir-faire à sa fille Melle Lucie Margat. Aujourd’hui, le diplôme n’existe plus. Il existe l’équivalent, un certificat d’herbaliste mais il  n’est pas reconnu. Seuls les pharmaciens ont le droit de porter le nom d’herboriste.”

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