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Éturqueraye : valoriser le savoir-faire local

le 28 février 2020

Paul Caillouel d’Éturqueraye, a redémarré l’activité de transformation de pommes à cidre voici 3 ans. Un produit traditionnel et local qu’il valorise par la qualité. Le jeune agriculteur a reçu une aide du Département.

Ingénieur en génie civil, Paul Caillouel, 28 ans, a décidé de revenir sur l’exploitation familiale il y trois ans, « par affection et parce que j’ai le sens du concret« . Situé à Éturqueraye, il a redémarré l’activité « transformation de pommes à cidre », à partir de 10 ha de vergers en hautes tiges : « J’ai la chance d’habiter sur une des rares zones AOC Calvados de l’Eure, où il existe une véritable tradition et un savoir-faire dans ce domaine.  » Ce qui passionne Paul dans son activité, c’est le produit fini. » Il faut essayer d’être bon dans tous les domaines : sur le plan agricole, techniquement et commercialement où il y a un véritable enjeu à savoir bien communiquer. » A l’avenir, Paul aimerait aussi développer une activité touristique. Son ambition est d’accueillir les touristes et créer un site découverte et dégustation dans l’enceinte du superbe domaine familial.

Le cidre s’exporte bien

L’an passé, Paul Caillouel a écoulé 35 000 bouteilles de cidre sous la marque « Domaine Sicera« , (cidre en latin), dont la moitié à l’export, via des importateurs : « Surtout aux États-Unis, grâce à un phénomène de mode, mais aussi au Canada, en Allemagne…« . En France, le marché peine toujours, » à cause d’une image un peu ringarde« . Pour valoriser le produit, Paul mise alors sur la qualité et teste aussi des nouvelles techniques comme la méthode traditionnelle (utilisée pour le champagne): « Mes meilleures cuvées sont vendues chez les cavistes entre 5 et 10 euros. Elles demandent plus de travail, de savoir-faire, un super niveau technique et sont commercialisées deux ans après la récolte. Mais c’est aujourd’hui, un produit plus recherché. Les consommateurs veulent des produits atypiques, plus artisanaux. » Avant de trouver le calvados et le pommeau de Paul dans le commerce, il faudra attendre encore trois ans : « Il faut 3 ans minimum à un calvados, moi j’ai choisi de ne les commercialisés qu’à partir de 6 ans, ils sont vieillis en fût de chêne, une obligation du cahier des charges AOC. » Outre son cidre et son poiré, vous pouvez déjà déguster son « cidre de glace« , un vin liquoreux à 12° qui, à l’origine, était fabriqué au Québec. « Il se déguste en apéritif ou comme digestif. Personnellement, je le recommande avec du foie gras, des fromages à pâtes persillées ou en dessert tout simplement avec une boule de la glace à la vanille« .

Aider la fabrication locale

Dans le cadre de son activité, Paul a bénéficié d’aides du Département : « La procédure est très simple et rapide. Cette subvention m’a permis d’acheter trois fûts de chêne, une machine pour repiquer les étiquettes, importante pour la traçabilité, et une pompe pour soutirer les cidres. » Mon atelier est en plein développement et « avec 10 hectares de pommiers, je suis capable de me payer et d’exporter la moitié de ma production avec des produits à forte valeur ajoutée. » Le verger haute-tige traditionnel est l’image de marque de la Normandie. C’est aussi le plus responsable car il concentre deux productions : les pommes pour les cidres et l’herbe pour les bovins. Sans parler du côté « bio »  car « les pommiers hautes tiges sont non traités, fertilisés naturellement grâce aux vaches. » Les Normands avaient inventé, avant l’heure, la perméaculture.

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